Ski de fond | Eve-Ondine Duchaufour : « On se tire toutes mutuellement vers le haut »

Rédigé le 24/11/2021
Florian Burgaud

La fondeuse jurassienne Eve-Ondine Duchaufour, 20 ans, se confie longuement à Nordic Magazine avant le début de la saison ce week-end en Lombardie.

Eve-Ondine Duchaufour : « Les courses du début de saison vont me faire du bien »

À tout juste 20 ans, la Jurassienne Eve-Ondine Duchaufour va découvrir, cet hiver, la catégorie seniors. Une découverte qui débutera dès ce week-end lors des courses FIS de Santa Caterina (Italie), où un énorme contingent français sera présent.

Pour Nordic Magazine, la société du ski-club Grandvaux (Jura) revient sur sa longue préparation, perturbée cet automne par une blessure à l’épaule, et ses ambitions pour la saison à venir. Entretien.

  • Tout au long de la préparation, vous avez été entraînée par le binôme Samuel Régé-Gianasso/Julien Bouchet : qu’avez-vous pensé de ce fonctionnement ?

Personnellement, j’ai trouvé que c’était super bien. On avait des conseils techniques très variés. C’est toujours très intéressant d’avoir différents points de vue pendant une préparation, qui est toujours très longue.

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Eve-Ondine Duchaufour (FRA) – Photo : Jolypics
  • Vous faites partie d’un groupe composé de fondeuses étiquetées équipe de France B, comme vous, mais aussi de juniors : comment cela s’est-il passé ?

Très très bien ! C’était un super groupe, on s’est toutes bien entendues et tirées vers le haut mutuellement. Cela a été utile et productif pour tout le monde de créer de groupe 100% féminin mixte. Je connaissais déjà la plupart des filles parce qu’on était ensemble en équipe auparavant, il y avait juste Liv Coupat, France Pignot et Mélissa Gal que je connaissais un petit peu moins. Mais il n’y a eu aucun souci. On a mis un stage à apprendre à se connaître, et après c’était comme si on se connaissait depuis toujours.

« C’était vraiment bien de ne pas reprendre sur de mauvaises bases »Eve-Ondine Duchaufour à Nordic Magazine

Les coachs nous disaient régulièrement qu’on était toutes bien dedans. Ils étaient vraiment contents de cela. Je trouve qu’on est toutes impliquées. Cela est arrivé que, parfois, comme quand on s’est retrouvées en stage un lundi matin après être toutes parties en vacances au même moment, qu’on soit un peu dispersées. Les coachs nous ont alors gentiment demandé de nous concentrer, et tout se passer bien.

  • Avez-vous le sentiment d’avoir progressé cet été ?

On a attaqué les stages plus tôt que d’habitude, en mai, et on a tout de suite fait de la technique. C’était vraiment bien de ne pas reprendre sur de mauvaises bases. Ensuite, le reste à suivi. Grâce à cela, j’espère avoir progressé.

« Actuellement, je sens que je suis en manque d’intenses, que j’en ai pas fait assez, mais cela va vite revenir »Eve-Ondine Duchaufour à Nordic Magazine

  • Dès juin, vous avez aussi pu skier à Tignes, sur le glacier de la Grand Motte…

On était avec les garçons, logés dans le même logement, cela faisait du bien d’être avec eux ! Refaire du ski en juin, cela a aussi aidé pour l’automne. On était plus vites dedans, on savait ce qu’il fallait faire après avoir travaillé tous nos défauts techniques pendant l’été. Cela nous a permis de gagner du temps.

  • Dans quelle forme êtes-vous à quelques jours de retrouver la compétition à Santa Caterina (Italie) ?

Malheureusement, fin septembre, lors d’une Spartan Race réalisée avec le comité du Jura, au cours d’une journée cohésion, je me suis luxée l’épaule en passant en rampant sous des fils. Après avoir fait de la kiné et vu mes séances aménagées pendant un moment, j’ai repris les intensités lors du stage de Bessans début novembre. Je m’attendais à pire. Actuellement, je sens que je suis en manque d’intenses, que j’en ai pas fait assez, mais cela va vite revenir. Les courses du début de saison vont me faire du bien.

« J’ai hâte et j’ai peur »Eve-Ondine Duchaufour à Nordic Magazine

  • Vous devez avoir hâte de remettre un dossard…

J’ai hâte et j’ai peur parce que je suis passée seniors. Je ne sais pas du tout ce que cela va donner. Cela va faire bizarre, je ne sais pas du tout ce que cela va donner. Mais j’ai hâte de le savoir tout en ayant peur de prendre des roustes sur le début de saison. Comme toute personne qui fait de la compétition, je n’aime pas trop cela [rire].

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Eve-Ondine Duchaufour (FRA) – Photo : Photos Sport by YLLIAB
  • Qu’ambitionnez-vous pour l’hiver à venir ?

J’aimerais bien faire ma saison sur le circuit OPA Cup. C’est simple à dire, mais je ne pense pas que ce soit si simple à réaliser. Les Mondiaux U23 seront aussi un objectif, mais ce sera compliqué parce que Flora Dolci, même si les JO seront son but, est encore U23, comme Mélissa Gal. Et puis, il y a les coupes du monde de Prémanon, avec l’ouverture du quota français, et Planica, où les grosses pointures ne devraient pas aller avant les Jeux.

  • Une participation aux coupes du monde dès cet hiver est-elle un vrai objectif ou plutôt un rêve ?

C’est quelque chose qui peut être envisageable, mais je ne m’attends pas à des miracles. Ce sera une expérience à prendre, si j’ai la chance d’y être.


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