Planète Blanche #30 : les champions aussi sont confinés

Planète Blanche #30 : les champions aussi sont confinés

Rédigé le 23/03/2020
Florian Burgaud

PLANÈTE BLANCHE – Toutes les semaines, retrouvez l’actualité – qui se veut le plus exhaustive possible – des sports blancs sur Nordic Magazine

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HUMEUR – #RestezChezVous !

Depuis maintenant presque une semaine, la France est confinée. Hop, hop, hop, tout le monde à la maison ! Si certains irresponsables continuent de vaquer à leurs occupations et se délestent de quelques centaines d’euros à chaque aventureuse sortie hors de leur domicile, la plupart de nos concitoyens respectent cette mesure indispensable pour arrêter la propagation du poison que représente le Covid-19.

Pendant que le personnel soignant exhorte les Français de respecter scrupuleusement le confinement, les sportifs, eux, continuent de s’entraîner à la maison. Enfin ils essayent. Et s’amusent, souvent. On a ainsi vu, comme vous le verrez plus bas, Victor De Le Rue descendre du toit de son habitation en rappel, Alicia Choron skier dans son salon ou la nageuse en eau glacée Marion Joffle dans son congélateur. D’autres s’engagent comme Clément Jacquelin qui fabrique des masques à l’aide d’imprimantes 3D. Chacun à sa petite échelle doit batailler contre le coronavirus. En restant à la maison jusqu’à ce que la guerre soit gagnée. #ResterChezVous


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La première semaine de Martin Fourcade le retraité…

Si toute l’attention des Français est entièrement tournée vers la pandémie de coronavirus, Martin Fourcade, depuis son retour sur le sol hexagonal dimanche dernier après les courses de Kontiolahti (Finlande), a réalisé une petite tournée des médias… par téléphone ou Skype ! On l’a ainsi vu en direct dans l’émission Quotidien sur TMC, où il a dévoilé sa tenue de confinement, dans les colonnes du journal L’Équipe ou du quotidien L’Indépendant. Il a aussi annoncé la sortie d’un deuxième livre l’automne prochain et sa femme Hélène s’est confiée au Parisien.

On a également vu Rossignol, son fournisseur de skis, publier une photo de lui enfant ou l’IBU mettre en ligne un cliché avec Darya Domracheva et Gabriela Koukalova. Le tiercé est maintenant entièrement retraité ! L’Allemande Laura Dahlmeier lui a également rendu un hommage appuyé.

> Célia Aymonier prend également sa retraite : notre interview exclusive avec la Pontissalienne ICI

BIATHLON - La Norvégienne Marte Olsbu Roiseland a remporté le sprint de Salt Lake sur le difficile site de Soldier Hollow devant Kaisa Makaraïnen et Franziska Hildebrand. Belle 11e place de Célia Aymonier.

Celia Aymonier (FRA) – Manzoni/NordicFocus

> C’est la bombe du week-end : la fondeuse Stina Nilsson passe au biathlon, lisez notre article ICI


Le palmarès de la saison X a été officialisé, le gala aura lieu le 19 septembre

Après l’annulation des trois dernières épreuves de l’hiver – la Bikebeiner, la Reistadlopet et l’Ylläs-Levi – à cause de la propagation du virus Covid-19, les organisateurs de la Visma Ski Classics ont proclamé le palmarès de la saison X. Neuf courses sur les douze du programme ont été disputées. La Suédoise Britta Johansson Norgren (Lager 157 Ski Team), pour la cinquième année de suite, et Andreas Nygaard (Team Ragde Eiendom), comme l’année dernière, s’imposent au classement général. Alexis Jeannerod, 19e, et Roxane Lacroix, 11e, tous deux membres de l’eD system Bauer Team, sont les meilleurs Français de l’hiver.

Andreas Nygaard, Britta Johansson Norgren, ski de fond, Visma Ski Classics

Andreas Nygaard (NOR), Britta Johansson Norgren (SWE) – Visma Ski Classics

Pour le classement du sprint, Lina Korsgren (Team Ramudden) l’emporte trois petits points devant sa compatriote Johansson Norgren. Succès du Norvégien Stian Berg (Team Kaffebryggeriet) chez les hommes, grâce à une Vasaloppet réussie. Le Team Kaffebryggeriet fait coup double en enlevant le classement de la montagne grâce à Morten Eide Pedersen, transfuge de feu Team Jobstation. Britta Johansson Norgren a été la plus costaude des féminines. Chez les jeunes, les Suédois Max Novak et Ida Dahl, du Team Ramudden, sont sacrés.

Enfin, le Team Ragde Eiendom remporte le classement par équipes devant le Lager 157 Ski Team, le Team Koteng, le Team Ramudden et Russian Winter Team, révélation de l’hiver. Le gala de clôture est décalé au 19 septembre 2020.


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Chloé Trespeuch : « J’ai vu la fierté dans les yeux de tout mon staff… »

La snowboardeuse Chloé Trespeuch, licenciée aux Menuires (Savoie) possédant des attaches à Saint-Jean-de-Monts (Vendée), revient, pour la Planète Blanche de Nordic Magazine sur son hiver passé sur la coupe du monde de snowboardcross. Avec trois podiums dont une victoire, elle termine numéro 3 mondiale. Mais la jeune femme de 25 ans en veut plus…

  • Vous êtes montée sur trois podiums cette saison en signant une victoire : vous devez être satisfaite…

Disons plutôt que je suis partagée. Mon objectif premier était de jouer le globe de cristal jusqu’au bout de la saison. Malheureusement, on a rencontré quelques difficultés techniques au sein de l’équipe de France. Au Canada, où il y avait deux courses [à Big White, ndlr.], les conditions de neige étaient spéciales et les techniciens préparant nos planches ont réalisé des erreurs. Forcément, cela nous a privés d’être compétitifs et je termine 12e et 17e. Cela m’a mis hors de portée du globe plus vite que prévu. Ça a été très dur à accepter sur le moment mais on est un sport individuel où on travaille en équipe… Pour le coup, c’était leur erreur à eux mais il y a plein de fois où c’est de notre faute. Ça fait partie du jeu mais c’est un peu dur de vivre ça.

  • Cette erreur a-t-elle été un des moteurs de votre excellente fin d’hiver ? 

Oui ! Cela a aussi permis de nous remettre en question et de s’améliorer pour la fin de saison. C’était un vrai challenge mais ça a été fait. J’étais très contente de gagner en Sierra Nevada (Espagne). Je n’ai pas beaucoup de victoires au compteur donc c’est toujours un moment particulier. Comme on avait traversé quelques difficultés d’équipe, ça a redonné au baume au cœur à tout le staff. Je suis également très contente de ma course à Veysonnax (Suisse) lors des finales parce que je termine deuxième en jouant la victoire jusqu’au bout. C’est sans regret. Ça m’a aussi permis de remonter troisième au général final de la coupe du monde. C’est un peu mon lot de consolation.

Chloé Trespeuch, snowboard, snowboardcross

Chloé Trespeuch (FRA) – Instagram Chloé Trespeuch

  • Quand vous avez coupé la ligne en vainqueure en Sierra Nevada (Espagne), qu’avez-vous ressentie…

C’était un soulagement. J’ai beaucoup de podiums [21] mais il me manque toujours ce petit détail qui fait que je vais chercher la victoire et, à force, on se demande si, un jour, on arrivera à être la meilleure du monde dans son sport. Je cours clairement après cet objectif. Je m’entraîne fort tous les jours pour ça et j’ai vraiment du mal à gravir ce petit détail qui fait que… Souvent, c’est cinq centimètres sur la ligne d’arrivée : c’est rien mais il m’en manque. C’est d’une frustration immense. Là, j’ai gagné. Ça m’a rassuré sur le fait que ce soit possible, que ça valait le coup de continuer à travailler très dur pour aller chercher ses cinq centimètres parce que ça fait une immense différence. Et puis j’ai vu la fierté dans les yeux de tout mon staff et ça c’est vraiment énorme. Ça me motive pour la suite.

« J’ai pu refaire du snowboard sans douleur »

  • C’est la sixième année de suite que vous terminez dans le top 5 final de la coupe du monde : ce n’est pas trop frustrant ?

Je pense que ça le rendra encore plus beau [le globe de cristal, ndlr.] si un jour je l’ai [rires]. Mais après je sais que c’est encore plus dur qu’une médaille olympique [qu’elle a déjà remporté en 2014 à Sotchi, ndlr.] parce qu’il faut être régulière tout au long de la saison sans avoir le droit à l’erreur. Il y a beaucoup de choses à gérer entre la fatigue, les types de neige, les différents parcours. Ça fait beaucoup de critères de réussite et il m’en a toujours manqué un jusqu’à présent. Ça m’a aussi permis de faire le point sur ce qu’il me manquait pour adapter mon entraînement en fonction de mes lacunes. Le jour où j’y arriverai, j’aurais conscience que c’est un travail sur plusieurs années et que ça ne tombe pas du ciel. C’est vraiment la meilleure sur la globalité du sport qui le mérite ce globe.

  • Votre saison 2018/2019 avait été marquée par une blessure à la cheville : qu’en est-il aujourd’hui après un hiver complet passé sur le circuit ?

J’ai toujours un manque de flexion et quelques séquelles comme une tendinite qui ne part pas… mais avec la quarantaine ça devrait rentrer dans l’ordre [rires]. J’ai fais une saison sans douleur par rapport à l’année dernière où j’étais revenue en coupe du monde avec. Mentalement, j’avais envie et besoin d’être présente mais au niveau de la douleur c’était désagréable. J’ai pu refaire du snowboard sans avoir mal. Le plaisir en était encore plus grand.

Chloé Trespeuch, snowboard, snowboardcross

Chloé Trespeuch (FRA) – Instagram Chloé Trespeuch

  • Votre course disputée il y a une dizaine de jours à Veysonnax (Suisse) était la dernière organisée par la FIS avant que tout ne s’arrête à cause de la pandémie de Covid-19 : comment était l’ambiance sur place ?

C’était très spécial parce que la course prévue le dimanche a été reprogrammée du jour au lendemain au vendredi. On n’avait pas de public, nos supporteurs qui devaient venir le dimanche n’ont pas pu être présents. C’était une compétition à huis clos sans ambiance, sans énergie et sans dynamique insufflée de l’extérieur. Par contre, on a tous réussi à rester concentrés et focus sur l’objectif.

« C’est chouette de voir que les stations françaises s’investissent dans notre sport »

  • Vu de l’extérieur, on se rend compte qu’il y avait peut-être moins de Français au top cet hiver par rapport à d’autres exercices : est-ce vrai ? 

Non… Je pense que ça vient du fait qu’on a rencontré des problèmes de glisse qui nous ont mis un coup derrière la tête. Et puis c’est un groupe jeune avec des nouvelles qui arrivent, sans grande expérience. Il faut leur laisser le temps de se former. On a vécu beaucoup de blessures dans le groupe : Manon Petit-Lenoir, Pierre Vaultier ou Alexia Queyrel, tous out avant le début de la saison. Après, il y a eu le premier podium de Merlin Surget chez les garçons. Les prochaines saisons devraient être riches en podiums vu la qualité des jeunes qui arrivent !

  • Cette saison également était un peu réduite en nombre d’épreuves de coupe du monde : comment le vivez-vous ?

Notre saison d’entraînement est déjà très longue donc avec peu de compétitions, ça rend la gestion mentale de l’effort compliquée. Nous ce qu’on aime ce sont les face-à-face. C’était vraiment une saison spéciale avec la Chine annulée dès le début de l’hiver et le manque de neige qui nous a fait perdre deux épreuves à Feldberg (Allemagne). Ce qui est rassurant c’est que l’année prochaine, on a au moins 10 étapes avec des nouvelles épreuves en Chine, en France à Saint-Lary (Pyrénées-Orientales) et en République Tchèque. C’est chouette de voir que les stations françaises s’investissent dans notre sport. Ça me motive à repartir à fond !


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Elie Nabot : « Un hiver vraiment positif »

Le télémarkeur jurassien Elie Nabot est monté cet hiver sur son premier podium en coupe du monde. Dans une interview pour la Planète Blanche de Nordic Magazine, le Lamourantin revient sur cette immense joie mais aussi sur un hiver écourté par le manque de neige et le coronavirus. Il confie également ses ambitions pour la suite de sa prometteuse carrière.

  • Vous avez réalisé le meilleur hiver de votre carrière en ne sortant du top 10 qu’à une seule reprise et en signant votre premier podium…

Ça fait énormément de bien surtout que l’année passée avait été très compliquée pour moi avec beaucoup de chutes. J’ai perdu beaucoup de points et je commençais donc l’hiver avec des dossards très moyens. Il a fallu se battre au début pour retrouver des sensations et une meilleure place sur la liste de départ. Finalement, ma saison a été assez régulière avec un bon ski et cela s’est concrétisé avec un beau podium lors du sprint de Samoëns (Haute-Savoie), le premier de ma carrière… C’est vraiment positif.

  • Les deux premiers week-ends de l’hiver se sont déroulés en France, à Pralognan-la-Vanoise (Savoie) et Samoëns (Haute-Savoie) : comment était l’ambiance sur place ?

En France, même si le télémark reste un sport assez marginal, il y a toujours eu du monde pour nous soutenir. Les stations font l’effort de faire une bonne communication sur leurs événements. Forcément, il y a aussi la famille donc on essaie de faire du mieux qu’on peut. L’arrivée, où il y a le plus de monde, c’est souvent notre passage de skating [ski de fond, ndlr.] donc ça nous donne un peu plus de force pour terminer la course. On est toujours heureux de courir en France. Les gens qui ne connaissaient pas avant de venir nous voir sont intéressés et trouvent ça très esthétique.

« Il m’en manque sur le skating pour rivaliser avec les meilleurs »

  • Après les courses de Rjukan (Norvège), les trois dernières coupes du monde ont été annulées. Comment avez-vous géré l’annonce des reports sine die successifs ? 

Une semaine après Rjukan nous devions aller à Oberjoch (Allemagne) mais trois jours avant on nous a annoncé qu’à cause de la tempête il n’y avait plus du tout de neige sur place. Ces courses devaient être remises en Suisse sur les deux dernières étapes. Après cela j’ai travaillé à l’ESF et un petit peu lâché l’esprit de compétition. Deux semaines avant Mürren, je suis reparti à l’entraînement mais on a appris que c’était également annulé. Nous croisions alors les doigts pour que les finales de Thyon soient maintenues. Finalement, en plein entraînement, on nous apprend que la saison est terminée, que ça ne sert plus à rien de s’entraîner, si ce n’est pour l’année prochaine. On s’y attendait parce que le coronavirus prenait de l’ampleur mais, au fond, nous n’étions pas prêts pour l’annulation. Ça nous a mis un petit choc.

Elie Nabot, télémark

Elie Nabot (FRA) – Instagram Elie Nabot

  • Ce doit être frustrant de s’entraîner autant pour ne disputer que la moitié de la saison de coupe du monde…

C’est un peu le sentiment. On s’entraîne fort sur les skis depuis l’automne donc c’est frustrant oui. Après ça se comprend, c’est pour des raisons de santé publique, c’est tout à fait normal.

  • Que devez-vous améliorer dans votre télémark pour rattraper les tous meilleurs que sont les Suisses Stefan Matter et Bastien Dayer ?

Ce qui fait la différence, c’est l’expérience. Ça fait longtemps qu’ils sont sur le circuit, ils ont une trentaine d’années. Il me manque du niveau sur la partie ski de fond où je perds le plus de temps. En géant, je suis capable de rivaliser mais il m’en manque sur le skating où ma fréquence et ma rapidité ne sont pas encore optimales pour rivaliser avec les meilleurs.

  • Chloé Blyth – néo-retraitée du circuit qui débriefait dans la Planète Blanche chaque week-end de la coupe du monde – nous disait que l’équipe de France était très prometteuse : êtes-vous d’accords avec cette observation ?

Je suis plutôt d’accord parce qu’on reste une équipe assez jeune. Je fais partie des plus expérimentés à 22 ans seulement. Beaucoup de jeunes arrivent comme Alexis Page, 16 ans, qui possède déjà un très gros niveau. Il y a également une belle densité chez les filles. Si ça continue à se développer comme cela et qu’elles réussissent à se concurrencer entre elles, ça ne peut que tirer le groupe vers le haut. J’espère que, dans le futur, on arrivera à être sur le devant comme les frères Lau dans le passé…

« Phil était notre modèle »

  • Justement, Philippe Lau, légende du télémark mondial, prenait sa retraite il y a un an : a-t-il manqué au groupe France cet hiver ?

C’était quelqu’un qui ne parlait pas forcément beaucoup mais c’était un modèle à suivre. Ce qui a manqué chez les garçons c’est un peu ce rôle de guide : il était quasiment tout le temps sur les podiums et nous donnait envie d’y être avec lui. On a repris le flambeau cette année en essayant de jouer devant comme il le faisait depuis une dizaine d’années. Au début, ça a fait un petit vide mais on s’est vite adaptés.

Elie Nabot, télémark

Elie Nabot (FRA) – Instagram Elie Nabot

  • Projetons-nous sur l’hiver prochain : vous viserez plutôt une médaille mondiale ou un globe ?

Pour l’instant, je viserai plus la course d’un jour comme une médaille aux championnats du monde. Après, le globe reste un objectif mais il faut voir comment cela se passe en début de saison. J’aimerais bien entrer dans les cinq. Après, comme je suis à l’aise en sprint et en parallèle, ce serait plus sur ses deux disciplines là que je viserais un podium final.

Je m’entraîne un petit peu, j’essaye de garder la forme à la maison avec le vélo d’appartement. Je fais aussi un peu de renforcement musculaire. On a un petit programme à suivre pour essayer de faire passer les journées en s’occupant.


Nina Haver-Loeseth : « Je suis très fière de ma dernière saison »

Revenue d’une grave blessure survenue à la fin de l’année 2018 à Semmering (Autriche), la skieuse alpine Nina Haver-Loeseth a fait le choix de mettre la flèche. En exclusivité pour la Planète Blanche de Nordic Magazine, la Norvégienne explique les raisons qui l’ont poussé à prendre cette décision mais aussi sur ses meilleurs moments de skieuse et sur la situation relative au coronavirus dans son pays.

  • Depuis quand votre décision d’arrêter votre carrière à la fin de cet hiver était-elle prise ?

Quand je me suis blessé à Semmering (Autriche) en décembre 2018 [fracture du plateau tibial du genou droit, ndlr.], j’ai décidé de me donner un hiver pour réaliser mon retour. J’étais sûre à 90% que cette saison était ma dernière lorsque je l’ai commencée en novembre à Levi (Finlande).

  • Votre grave blessure de Semmering est la raison principale de la fin de votre carrière de skieuse alpine ? 

J’ai commencé le ski coupe du monde à seulement 16 ans [en février 2006 à Ofterschwang, Allemagne, ndlr.]. Ça fait donc très longtemps que je suis sur le circuit. Même si j’ai eu beaucoup de blessures durant ma carrière, ce n’est pas la raison pour laquelle je suis maintenant retraitée. Aujourd’hui, je veux simplement vivre normalement et passer plus de temps avec mon mari, mes amis et ma famille. J’ai vraiment besoin de faire les choses différemment.

Nina Haver-Loeseth, ski alpin

Nina Haver-Loeseth (NOR) – Instagram Nina Haver-Loeseth

  • Pourtant vous aviez réussi à revenir à votre meilleur niveau en slalom…

Oui ! Cet hiver a même été le plus amusant de ma carrière. J’ai vraiment énormément travaillé pour revenir à ce niveau-là, je progressais en slalom à chaque course. Je suis en fait très fière de ma dernière saison. Ce ne sont pas les résultats que je retiens, mais mon attitude toujours positive et ma capacité à rester focus.

« Mes parents étaient présents pour la première fois depuis 2017… »

  • Pourquoi n’avez-vous pas attendu les Mondiaux de Cortina (Italie) prévus l’hiver prochain ? Vous avez une histoire contrariée avec les championnats du monde, n’est-ce pas…

Moi et les championnats du monde ne sommes pas bons amis [son meilleur résultat est une dixième place, en slalom en 2007 et en géant en 2017, ndlr.]. Ce n’était pas un facteur important lorsque j’ai pris la décision de me retirer du circuit.

  • Vous avez donc terminé votre carrière sur une quatrième place lors du slalom de Kranjska Gora (Slovénie) : est-ce une belle fin de carrière ?

Oui et non… J’ai manqué le podium avec 10 centièmes à cause d’une faute. Mais, encore une fois cet hiver, c’était une bonne course et j’ai pris beaucoup de plaisir. Mes parents étaient présents pour la première fois depuis les Mondiaux de St. Moritz (Suisse) en 2017. Je suis donc heureuse de finir là-dessus.

  • Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?

C’est bien entendu la médaille de bronze olympique lors du Team Event des Jeux de PyeongChang en 2018. C’était vraiment génial de partager cette joie avec mes coéquipiers [ils ont battu la France pour décrocher cette breloque, ndlr.].

Nina Haver-Loeseth, ski alpin

Nina Haver-Loeseth (NOR) – Instagram Nina Haver-Loeseth

  • Quel est l’avenir du ski alpin norvégien féminin sans vous ?

Très brillant ! Nous avons tellement de bonnes jeunes skieuses [Mina Fuerst Holtmann par exemple, ndlr.]. Je suis vraiment impressionnée par leur maturité et leur professionnalisme à un âge aussi précoce. En plus, elles sont également capables de s’amuser ensemble.

« Pour la première depuis les 12 ans, je n’ai pas de planning à suivre »

  • Qu’allez-vous faire maintenant que vous êtes une skieuse retraitée ?

Pour la première fois depuis que j’ai 12 ans, je n’ai pas de planning à suivre. Je suis en vacances jusqu’à cet été et j’espère bientôt pouvoir passer du temps avec mes amis et ma famille. Mais ce ne sera le cas que lorsque la crise du coronavirus sera terminée…

  • Justement, quelle est la situation en Norvège par rapport au virus Covid-19 ?

Nous sommes en confinement ici. Je vis à Oslo et nous avons une cabane dans les montagnes à Kvitfjell. Mais nous n’avons pas le droit d’y aller. Actuellement, tout le monde travaille à la maison. Les épiceries sont ouvertes mais, sinon, tout est arrêté. Je ne peux pas voir mes amis ou ma famille puisque le gouvernement veut que tout le monde s’isole à la maison. En espérant, qu’en suivant les directives, ce sera bientôt terminé…

  • Enfin, avez-vous un message pour vos fans français ?

Si j’en ai quelques-uns : merci beaucoup de m’avoir soutenue toutes ces années !

Arnaud Bovolenta arrête aussi, comme Andre Myhrer, Ivica Kostelic papa

À 31 ans, le ski crosseur français Arnaud Bovolenta arrête également sa carrière de sportif de haut niveau. Vice-champion olympique en 2014 derrière Jean-Frédéric Chapuis, le Beaufortain a remporté une étape de coupe du monde à Sunny Valley (Russie) en 2017. C’est sur cette même piste qu’il a disputé la dernière course de sa vie il y a pile un mois… Course terminée à la troisième place. « Obtenir un podium pour ma dernière, c’était top », a-t-il expliqué au Dauphiné Libéré.

Le slalomeur Andre Myhrer, champion olympique en titre, ne repartira pas l’hiver prochain. Le Suédois de 37 ans, huit victoires sur le circuit, a remporté le petit globe de la spécialité en 2012 devant Ivica Kostelic devenu heureux papa de jumeaux la semaine dernière.


La liste des événements annulés s’est encore allongée au cours de la semaine passée : 

  • le Winter Legacy by Alexis Pinturault, un mélange de bosses, de géant, de super-G, de ski cross et de waterslide, prévu le 11 avril à Courchevel (Savoie)
  • la Boarder Line, un événement de ski de fond en boarder cross, organisée par le Team Farté au col de la Croix Fry (Haute-Savoie) le 11 avril prochain
  • la Taivalkoski Pölkky, course de la Visma Ski Classics Challengers, prévue le 12 avril prochain en Finlande : il ne reste plus que la Fossavatnsgangan (Islande/18 avril) au programme de ce circuit
  • les championnats du monde de hockey sur glace élites et Division IA, ceux que les équipes de France devaient disputer
  • les playoffs de la Ligue Magnus, le champion de France de hockey sur glace, sont abandonnés : aucun club n’est déclaré champion cette année, Amiens, vainqueur de la coupe de France, ira en Continental Cup la saison prochaine et Grenoble, en tête après la saison régulière, a son ticket pour la prochaine ligue des champions
  • le marathon de l’Ugra prévu le 11 avril à Khanty-Mansiysk (Russie)
  • les Audi Nines, prévus en Autriche du 13 au 18 avril
  • les championnats du monde masculins et de double mixte de curling prévus à Kelowna (Canada)
  • les championnats de France de ski alpin de Val Thorens (Savoie/24 mars-2 avril), de combiné nordique et saut à ski de Courchevel (Savoie/28-29 mars), de ski de bosses de Méribel (Savoie/28-29 mars), de ski slopestyle de Morzine (Haute-Savoie/1er avril), et de ski de fond longues distances des Glières (Haute-Savoie/5 avril)
  • l’étape du tour européen de snow volley de Wagrain (Autriche) qui devait se dérouler le week-end dernier et l’Euro de St. Anton (Autriche) prévu du 9 au 12 avril

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Pendant le confinement dû à la pandémie de coronavirus, les sportifs hivernaux partagent des petits morceaux de vie sur les réseaux sociaux. D’autres poussent la chansonnette ou apportent leur aide à l’effort collectif. Petit tour d’horizon des meilleures images et vidéos de la semaine !

Le beau geste de Clément Jacquelin

Clément Jacquelin, frère d’Emilien, fondateur d’Athletics 3D et champion du monde jeune de biathlon en 2009, a décidé de fabriquer, grâce à ses imprimantes 3D, des masques pour le personnel hospitalier.

Des cours de sport donnés par Johannes Hoesflot Klæbo et Mikaela Shiffrin…

Le descendeur français Nicolas Raffort rappelle que le groupe a déjà vaincu cette saison un volcan chilien…

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On a survécu au volcan chilien, on viendra à bout de ce virus. Pour ça, on reste chez soi ! 📸 Chillan 2019 #restezchezvous #stayathome #stateacasa

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Le roi des bosses Mikael Kingsbury sur son canapé avec son globe de cristal

La snowboardeuse handisport française Cécile Hernandez appelle à « penser aux plus faibles, fragiles et à notre pays tout entier »

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💪🏼 #jementrainechezmoi avec @infinyfit Aujourd’hui c’était jour de training après le petit break depuis le retour express de Norvège. J’ai entendu que des milliers d’amendes avaient été “distribuées” aujourd’hui. Euh ! L’effort citoyen et responsable n’est vraisemblablement pas saisi de tous. 😤 Allez … ce n’est pas trop demandé d’adapter son quotidien à la situation compliquée que nous vivons, l’espace de quelques jours. N’oublions pas que l’union fait la force mais la bêtise la divise. Pensons aux plus faibles, fragiles et à notre pays tout entier. 🙏🏻 . . . . #athlete #training #fit #muscu #musculation #poidsducorps #snowboard #snowboarding #kettle #covi_19 #france #union #shape #fitnesspark #body #home #workout

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La skieuse alpine autrichienne Stephanie Brunner fait… le poirier !

Nicolas Jean-Prost, en fusion, commente la fin des Mondiaux de vol à ski… ou presque

Anouk Faivre-Picon enfant sur les skis…

… et Anaïs Bescond enfant !

Anaïs Bescond

La Team Valoche a (encore une fois) réalisé un excellent montage

Quand le freerider Victor De Le Rue descend son toit en rappel…

La chanson de Mikaela Shiffrin pour tous les anges gardiens de la Terre

Alicia Choron faire du ski de fond dans son salon

Le géantiste Thibaut Fabrot fait un semi-marathon sur son balcon…

Thibaut Favrot

… et Emilien Jacquelin des bons Paris Brest pour sa chérie Chloé Chevalier !

Emilien Jacquelin, Chloé Chevalier

Marion Joffle, nageuse en eau glacée, dans… un congélateur !

Un moniteur ESF des Deux Alpes en grand manque de poudreuse…


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> Les Chronos d’Or 2020 sont maintenus

Si la cérémonie des Chronos d’Or, prévue le 7 avril à Annecy (Haute-Savoie) est annulée, le vote pour élire les meilleurs sportifs hivernaux français de l’hiver est bien maintenu. Les athlètes sont élus par le public (ICI) et un jury d’experts. Les prix seront remis le 12 octobre 2020 lors de la présentation parisienne des équipes de France.

> Stefan Kraft reçoit ses globes à Bischofshofen

La saison de saut à ski s’étant brutalement arrêtée à Trondheim (Norvège) entre la manche qualificative et le concours individuel, Stefan Kraft n’avait pas reçu son gros globe de cristal du général et le petit du vol à ski. C’est maintenant chose faite puisque l’Autrichien s’est vu remettre ses précieux trophées sur le Paul-Ausserleitner-Schanze de Bischofshofen.

Stefan Kraft, saut à ski

Stefan Kraft (AUT) – FIS

> Deux rookies français sur le circuit FWT en 2021

En 2021, deux nouveaux freeriders français viendront garnir le plateau du Freeride World Tour. Le snowboardeur Hugo Serra et le skieur Maël Ollivier viennent de se qualifier pour le Mondial après avoir remporté les qualifier. « Tiphanie Perrotin et Ludovic Guillot-Diat, deuxièmes du qualifier en snowboard, et Mégane Bétend, deuxième en ski, ratent leur sélection pour un cheveu et devront repartir pour une saison au second échelon la saison prochaine », écrivent nos confrères de Ski Chrono.

> Bernhard Gruber et Stephan Leyhe opérés

Le combiné autrichien Bernhard Gruber, en totale perdition lors de la poursuite de ski de fond de la compétition collective d’Oberstdorf (Allemagne) il y a quelques semaines, a été opéré à Schwarzach. Il souffrait d’une constriction de l’artère coronaire. Un stent a été posé pour qu’elle ne se rebouche plus. Le sauteur à ski Stephan Leyhe, gravement blessé au genou gauche à Trondheim (Norvège), s’est fait opérer par le Dr. Manuel Koehne à Munich. « Je peux maintenant me rééduquer au cours des prochains mois, puis je me concentrerai sur les championnats du monde à domicile à Oberstdorf », a annoncé Leyhe à la sortie de l’hôpital.

SAUT A SKI - Dans une ambiance incroyable au pied du tremplin de Willingen, l’Allemand Stephan Leyhe s’est imposé dans le concours de ce samedi.

Stephan Leyhe (GER) – Tumashov/NordicFocus

> Gaillard repart pour un tour

Jean-Marc Gaillard, 39 ans, a décidé de continuer sa carrière ! Dans une interview à Ski Chrono, le vétéran de l’équipe de France de ski de fond indique avoir « toujours autant de plaisir et n’appréhende pas de repartir sur une nouvelle préparation. » Concernant les Jeux olympiques de Pékin, le Haut-Savoyard ne s’y voit pas pour l’instant.

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Jean-Marc Gaillard (FRA) – Modica/NordicFocus

> L’alpin canadien Manuel Osborne-Paradis papa d’un petit Toby James

> Marit Bjoergen a eu 40 ans !

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Happy 40th birthday QUEEN @mabjoerg 🥳💖

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> Alexander Bolshunov pose avec… un faux gros globe de cristal !

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Наконец-то он у меня🤩🤪🥳

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> La magnifique image du tremplin olympique de Grenoble lors des JO 1968

Saut à ski, Grenoble 1968

Facebook Tremplin Olympique de Grenoble – Saint-Nizier, un nouvel élan

> Nous venons de fêter les 26 ans des premiers 200 mètres en vol à ski : c’était le Finlandais Toni Nieminen à Planica (Slovénie)

Photos : Nordic Focus / Instagram / Facebook / Visma Ski Classics.